Urgences pédiatriques : ce qui se passe vraiment quand vous poussez la porte

Publié le Mercredi 20 mai 2026

Quand son enfant a de la fièvre, respire mal ou semble “pas comme d’habitude”, tout va très vite dans la tête d’un parent. On hésite. On s’inquiète. On file aux urgences. Mais une fois arrivé… pourquoi faut-il parfois attendre ?
Pourquoi un autre enfant passe-t-il avant le nôtre ?
Et que se passe-t-il réellement derrière les portes des urgences pédiatriques ?

Pour répondre à toutes ces questions, nous avons rencontré le Dr Clémence Peresse, pédiatre aux urgences pédiatriques des Hôpitaux Iris Sud.

“Le premier regard est déjà essentiel”

Avant même de voir un médecin, chaque enfant est observé par une infirmière de tri. Coloration, respiration, comportement, réactivité…
En quelques secondes, l’équipe évalue déjà si une prise en charge immédiate est nécessaire.

“Le but, c’est de repérer tout de suite une urgence vitale… ou de voir si on peut prendre les choses calmement”, explique le Dr Peresse.

Car aux urgences pédiatriques, tout repose sur une priorité simple : la gravité avant l’ordre d’arrivée.

Non, ce n’est pas “premier arrivé, premier vu”

C’est probablement l’un des points les plus frustrants pour les parents. Vous arrivez avant tout le monde… mais un autre enfant passe devant.
Pourquoi ?

Parce qu’un bébé de moins de 3 mois avec de la fièvre, un enfant qui respire difficilement ou un petit patient qui présente des signes neurologiques devra être vu plus rapidement.

“Pour deux situations de même gravité, c’est bien premier arrivé, premier vu. Mais il y aura toujours un enfant plus fragile ou plus urgent qui peut passer avant.”

Ce que les parents ne voient pas

Parfois, l’attente semble interminable. Et pourtant, en coulisses, les équipes sont partout à la fois. La nuit notamment, le pédiatre peut devoir gérer simultanément :

  • les urgences pédiatriques,
  • les enfants hospitalisés,
  • la maternité,
  • et même les bébés en salle d’accouchement.

Autrement dit : si vous ne voyez pas le médecin… cela ne veut pas dire qu’il ne court pas déjà d’une urgence à l’autre.

Les urgences pédiatriques, ce n’est pas “juste de la fièvre”

Fièvre, vomissements, diarrhées, difficultés respiratoires, chute sur la tête, convulsions… Les situations prises en charge sont nombreuses, et certains signes doivent pousser à consulter rapidement.

Par exemple :

  • un bébé de moins de 3 mois qui fait de la fièvre,
  • un enfant qui respire difficilement,
  • un comportement inhabituel,
  • des signes de déshydratation,
  • des convulsions,
  • ou un choc sur la tête chez un enfant de moins d’un an.

La fièvre impressionne… mais elle n’est pas forcément grave

C’est probablement l’un des messages les plus importants de l’entretien. “Un enfant peut avoir 40°C de température… sans que ce soit un critère de gravité.”
La fièvre est avant tout une réaction normale du corps face à un virus.

Ce qu’il faut surtout observer, ce n’est pas uniquement le thermomètre… mais l’état général de l’enfant :

  • joue-t-il encore ?
  • boit-il ?
  • réagit-il normalement ?
  • retrouve-t-il de l’énergie entre les pics de température ?

 

Ce qu’il vaut mieux prendre avec soi aux urgences

Parce qu’attendre avec un enfant malade peut vite devenir compliqué, le Dr Peresse conseille de toujours prévoir :

  • un change,
  • de quoi boire et grignoter,
  • le doudou ou la tétine,
  • un petit jeu ou un livre.

La salle d’attente des urgences pédiatriques des Hôpitaux Iris Sud a d’ailleurs été pensée pour les enfants, avec des jeux et des espaces adaptés pour les aider à patienter.

Et parfois… les urgences ne sont pas la meilleure solution

Tous les problèmes de santé ne nécessitent pas une visite immédiate aux urgences. Pour une fièvre récente chez un enfant qui garde un bon état général, ou pour des symptômes présents depuis plusieurs semaines, une consultation pédiatrique est souvent plus adaptée. Aux Hôpitaux Iris Sud, des rendez-vous peuvent souvent être proposés rapidement, parfois dans les 24 à 48 heures.

“Vous connaissez votre enfant”

Au fond, c’est peut-être ça, le message le plus important. Les parents connaissent leur enfant mieux que personne. “Si vous sentez que quelque chose ne va pas, même si ça ne rentre pas exactement dans les critères, il ne faut pas hésiter à consulter.”

Parce qu’en pédiatrie, l’instinct parental compte aussi.

 

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