Du 25 septembre au 25 décembre 2026, le site Molière Longchamp des Hôpitaux Iris Sud accueille « Humanité du soin », une exposition de l’artiste plasticienne Ôdewa. Une invitation à porter un autre regard sur le soin, la vulnérabilité et les liens qui nous unissent.
Une cartographie des présences
« Des formes qui s’entourent, se rapprochent, se protègent, sans jamais se confondre. »
À travers ses peintures, Ôdewa propose une réflexion sensible autour de la notion de présence. À la frontière du corps, de la cellule et du paysage intérieur, ses œuvres dessinent un univers où les formes se rencontrent, se répondent et coexistent.
« Mon travail se situe à la frontière du corps, de la cellule et du paysage intérieur. J’explore ces formes qui se rapprochent, s’entourent et se protègent, tout en conservant chacune leur singularité. Pour moi, elles racontent les liens qui nous unissent sans jamais effacer ce qui fait notre identité. »
L’exposition « Humanité du soin » s’inscrit dans cette recherche et envisage le soin comme une relation, comme une manière d’être présent à l’autre.
« Prendre soin, c’est d’abord faire une place à l’autre. C’est l’accompagner, être attentif à sa présence et, parfois, simplement demeurer auprès de lui. »
Dans l’espace hospitalier, les œuvres prennent une résonance particulière. Elles entrent en dialogue avec un lieu traversé chaque jour par des histoires humaines, des moments de fragilité, d’attente, d’espoir et de transformation.
L’art comme présence
Pour Ôdewa, faire entrer l’art dans un lieu de soin ne consiste pas simplement à décorer un espace.
« Faire entrer l’art dans un hôpital, ce n’est pas simplement embellir les murs. C’est créer une présence sensible qui puisse accompagner autrement celles et ceux qui fréquentent ce lieu : les patients, leurs proches, les soignants, le personnel et les visiteurs. »
Pour cette première partie du projet, l’artiste a choisi de présenter exclusivement des peintures.
« La peinture peut devenir une autre forme de présence : silencieuse, accessible et ouverte à chacun. Elle ne prétend pas soigner, mais elle peut contribuer à transformer l’expérience d’un lieu, à créer une respiration, à susciter une émotion ou simplement à offrir un instant de regard. »
Au détour d’un couloir ou pendant un moment d’attente, chacun peut ainsi prendre le temps de regarder, de se laisser toucher par une forme, une couleur ou une composition et d’y trouver sa propre interprétation.
« Je souhaite que chacun puisse rencontrer les œuvres à sa manière. Il n’est pas nécessaire de connaître l’art ou d’en maîtriser les codes. Une œuvre peut simplement nous arrêter quelques secondes, nous émouvoir, nous rappeler quelque chose ou nous permettre de respirer autrement. »
Prendre soin, autrement
« Humanité du soin » s’inscrit dans une conception du soin qui dépasse le seul geste médical.
« Le soin ne se résume pas au geste médical. Prendre soin, c’est aussi accueillir, accompagner et considérer la personne dans sa globalité, dans sa dignité et dans sa sensibilité. »
Dans cette perspective, l’exposition fait dialoguer deux univers qui ont en commun une même attention portée à l’humain : celui du soin et celui de l’art.
« L’art et le soin ont pour moi quelque chose en commun : une attention portée à l’humain. Tous deux peuvent créer du lien, ouvrir un espace de rencontre et nous rappeler que nous sommes avant tout des êtres sensibles, vulnérables et en relation avec les autres. »
Les formes présentes dans les œuvres se rapprochent, s’entourent et se soutiennent, sans jamais se confondre. Elles suggèrent une manière d’être ensemble qui laisse à chacun son espace, son identité et sa fragilité.
Un parcours entre la Belgique et la République démocratique du Congo
Cette réflexion sur les liens, les identités et les territoires s’inscrit dans le parcours personnel et artistique d’Ôdewa.
Active artistiquement depuis près de vingt ans, l’artiste développe une pratique qui traverse la peinture, la photographie, le collage, le textile et l’installation. Son travail explore notamment les questions d’identité, de territoire et de double appartenance.
Son parcours s’est construit entre la Belgique et la République démocratique du Congo.
« Mon parcours entre la Belgique et la République démocratique du Congo nourrit profondément ma pratique. Cette double inscription m’amène à questionner les identités, les appartenances et les liens qui existent entre les êtres et les territoires. »
Au fil de son parcours, ses œuvres ont trouvé leur place dans différents contextes culturels et institutionnels. Elles sont notamment présentes au Musée d’Art Contemporain de Kinshasa. Ôdewa a également collaboré avec le Musée Bellevue et est partenaire des Musées Nationaux de la République démocratique du Congo.
Elle est par ailleurs fondatrice de MÂON Art Plus, une plateforme qui défend une vision inclusive de l’art contemporain.