Épisiotomie : faisons le point, sans tabou

Publié le Dimanche 12 juillet 2026

On en entend souvent parler. Elle inquiète parfois les futurs parents. Pourtant, l'épisiotomie est aujourd'hui bien différente de l'image qu'on s'en fait encore.

Pour mieux comprendre ce geste médical, nous avons rencontré le Dr Sara Tornblom, cheffe de la Clinique d'obstétrique des Hôpitaux Iris Sud. Elle a pris le temps de nous expliquer, avec beaucoup de pédagogie, un sujet encore trop souvent mal compris.

Une épisiotomie, c'est quoi exactement ?

Une épisiotomie est une petite incision pratiquée au niveau du périnée afin d'agrandir l'ouverture vaginale au moment de la naissance du bébé.

Contrairement à une idée encore très répandue, ce geste n'est plus réalisé de manière systématique.

Une philosophie claire : uniquement lorsque c'est nécessaire

Aux Hôpitaux Iris Sud, la philosophie est simple : ne pas pratiquer d'épisiotomie si elle n'apporte pas un réel bénéfice pour la maman ou le bébé.

« Nous ne la réalisons que lorsqu'il est nécessaire d'accélérer la naissance ou lorsque la situation le justifie pour la sécurité de la maman ou du bébé », explique le Dr Tornblom.

Cette approche permet d'obtenir un résultat très encourageant : le taux d'épisiotomie dans notre maternité est de seulement 3,6 %, contre une moyenne bruxelloise de 7,2 %. Autrement dit, il est près de deux fois inférieur à la moyenne régionale.

Dans quels cas une épisiotomie peut-elle être utile ?

Même si elle est devenue rare, l'épisiotomie peut parfois être le meilleur choix.

Elle peut notamment être indiquée lorsque :

  • le bébé montre des signes qu'il doit naître rapidement, par exemple en cas de modification du rythme cardiaque ;
  • un accouchement nécessite l'utilisation d'une ventouse ou d'un forceps ;
  • le périnée empêche la sortie de la tête du bébé malgré des efforts de poussée prolongés ;
  • la maman est très fatiguée et il devient important de faciliter la naissance.

Chaque situation est différente.

Déchirure ou épisiotomie : laquelle est la plus importante ?

C'est une question que beaucoup de futures mamans se posent.

Pendant l'accouchement, le périnée s'étire énormément. Il est donc fréquent que de petites déchirures naturelles apparaissent.

La bonne nouvelle ? Dans la majorité des cas, ces déchirures sont superficielles ou modérées, se réparent facilement avec des fils résorbables… et parfois ne nécessitent même pas de point de suture.

Elles sont également souvent moins importantes qu'une épisiotomie.

Même pour un premier bébé, une épisiotomie n'est pas obligatoire

L'idée selon laquelle une première naissance entraîne presque automatiquement une épisiotomie est fausse.

Aux Hôpitaux Iris Sud, la grande majorité des premiers accouchements se déroulent sans épisiotomie.

Une décision prise avec vous

Une épisiotomie n'est jamais décidée à l'avance.

La décision se prend au cas par cas, pendant le travail, en fonction de l'évolution de l'accouchement et de la sécurité de la maman et du bébé.

Lorsque la situation le permet, les équipes prennent toujours le temps d'expliquer pourquoi ce geste pourrait être utile et d'en discuter avec la future maman et son partenaire.

 

Peut-on préparer son périnée ?

Oui.

Certaines études montrent que le massage du périnée, réalisé durant les dernières semaines de grossesse, peut rendre les tissus plus souples et contribuer à réduire le risque de déchirure, mais aussi le recours à une épisiotomie.

Sans être une garantie, il peut donc être intéressant d'en parler avec votre sage-femme ou votre gynécologue.

L'essentiel à retenir

L'épisiotomie n'est plus un geste de routine.

Aujourd'hui, elle est réservée aux situations où elle apporte un véritable bénéfice pour la maman ou le bébé. Aux Hôpitaux Iris Sud, tout est mis en œuvre pour respecter au maximum la physiologie de l'accouchement, tout en garantissant la sécurité de chacun.

Parce qu'un accouchement est unique, chaque décision l'est aussi.

 

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