Actualités: Réaménager les urgences pour un nouveau système de prise en charge rapide

Entre rapidité de réaction et attente, entre rythme effréné et sang-froid… Comme dans tous les hôpitaux, le service des urgences est un service particulier où urgence doit parfois rimer avec patience. Comment diminuer le temps d’attente des patients tout en leur offrant des soins de qualité ? Eléments de réponse avec le Dr Deschamps, adjointe au service des urgences du site Molière Longchamp des Hôpitaux Iris Sud.

Le service des urgences du site Molière Longchamp des Hôpitaux Iris Sud a été réaménagé et a mis en place un nouveau système de prise en charge rapide des patients.  L’objectif : pouvoir accueillir davantage de patients et réduire leur temps d’attente tout en améliorant la prise en charge et le niveau de soins.

Quels changements et pourquoi ?

Le Dr Deschamps, adjointe au service des urgences du site Molière Longchamp, a analysé le parcours des patients au sein du service. « Ce qui m’a marqué c’est le ressenti d’abandon du patient alors qu’en réalité, évidemment, nous ne l’abandonnons pas ! Nous suivons ses résultats. Il reste au centre de nos préoccupations même s’il ne s’en rend pas compte », raconte l’urgentiste. Comment travailler de façon à ce que le patient le ressente? La réflexion de l’urgentiste s’est alors portée sur le flux des patients. « Nous avons changé l’aménagement des box des urgences pour pouvoir créer d’une part une salle d’attente de résultats plus conviviale et plus confortable et d’autre part, une organisation de fast-track », explique le Dr Deschamps.

Une prise en charge accélérée et performante

Le fast-track est un tri médico-infirmier qui permet de désengorger la salle d’attente et de faire en sorte que les autres patients soient pris en charge plus vite, ultérieurement. « Pour le moment, nous appliquons le fast-track uniquement les jours de forte affluence, selon des critères  d'encombrement de la salle d'urgence. C'est un système ponctuel, non systématique », détaille le Dr Deschamps.

Concrètement, comment fonctionne le système fast-track ? Lorsque tous les box médicaux sont occupés par des patients et qu’il n’est plus possible d’installer les suivants, un médecin et un infirmier se détachent de l’équipe. Ils créent un second flux pour consulter les patients stables dont les plaintes supputent, au plus, un examen complémentaire dans des locaux décentralisés au sein du service. « De cette façon, en une heure nous pouvons en examiner 12 », explique l’urgentiste. Ce second flux est conçu pour ne jamais empêcher ou ralentir la prise en charge des patients du premier flux.

"Nous prévoyons par ailleurs un tri médico-infirmier fixe, sur le même principe que le fast-track  mais de façon systématique les lundis, mardis et vendredis de 14h à 16h. Ce qui permettra en outre d'obtenir les examens complémentaires requis d'autant plus facilement qu'ils pourront être demandés plus tôt, et de prévenir les engorgements ultérieurs."

Une attente plus confortable

Plus que de réduire le temps d’attente des patients, l’idée était de rendre celle-ci plus agréable. C’est pourquoi un espace a été aménagé pour l’attente des résultats. « Nous avons fait très attention à la prise en charge psychologique du patient en souffrance et en attente », explique le Dr Deschamps. Cet espace est situé au sein du service des urgences, c’est une sorte de salon dont la décoration zen  invite à la détente. « Dans un premier temps, les patients restent dans un box médical. Une fois que les prises de sang sont faites et si l’on peut se le permettre, ils sont transférés dans ce salon sans avoir à revenir dans la salle d’attente initiale. C’est beaucoup plus agréable et plus humain pour le patient. »
L’espace d’attente des résultats compte quatre fauteuils et libère ainsi quatre box médicaux.

Le service des urgences a également tenu à porter une attention particulière aux enfants. Un petit coin ludique a été créé dans la salle d’attente générale et leur prise en charge se déroule dans un box entièrement dédié à la pédiatrie. Pour le Dr Deschamps, ce box est nécessaire : « nous pourrions soigner les enfants dans un box destiné aux adultes mais cela peut s’avérer angoissant pour les petits patients. Et c’est aussi plus rassurant pour les parents. »

Tous ces changements permettront d’accueillir, de manière encore plus efficiente, les quelques 50 à 70 patients qui se présentent chaque jour aux urgences du site. « Nous testons le fast track depuis janvier 2017. Tant le personnel soignant que les médecins ont pu en mesurer l’efficacité. Nous ne sommes pas seulement prêts à voir plus de patients, nous pouvons leur offrir aussi plus de confort dans leur parcours au sein du service et c’est important », conclut le Dr Deschamps.